PQI 2026-2036 : 167 G$ sur dix ans qui annoncent une vague d'appels d'offres au SEAO
En résumé
Le ministre Benoit Charette a dévoilé le 18 mars 2026 le Plan québécois des infrastructures 2026-2036, chiffré à 167 G$ sur dix ans, soit une bonification de 3 G$ par rapport au plan précédent. Le plan accélère 5,2 G$ d'investissements d'ici 2030-2031, ce qui se traduira par un volume soutenu d'appels d'offres publiés au SEAO pour les entrepreneurs généraux et les estimateurs.
Le gouvernement du Québec a déposé le 18 mars 2026, en marge du budget 2026-2027, le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2026-2036. L'enveloppe atteint un sommet historique de 167 G$ sur dix ans, ce qui représente une hausse de 3 G$ par rapport au PQI 2025-2035 qui s'établissait à 164 G$. Pour l'industrie de la construction, cette planification décennale est l'indicateur le plus fiable du volume d'avis qui transiteront par le Système électronique d'appel d'offres (SEAO) au cours des prochains exercices.
Sur l'enveloppe totale, 105,8 G$ sont réservés à la pérennité des infrastructures existantes — hôpitaux, écoles, routes, ponts, réseaux d'eau — tandis que 43,2 G$ visent à doter le Québec d'infrastructures modernes. Une portion de 18 G$ est par ailleurs spécifiquement consacrée aux projets majeurs de 1 G$ et plus, ce qui maintient la cadence des grands chantiers structurants déjà annoncés dans les secteurs de la santé, des transports et de l'éducation. L'accélération de 5,2 G$ d'investissements d'ici 2030-2031, devancés depuis le deuxième quinquennat du PQI précédent, signifie concrètement que plusieurs projets verront leurs appels d'offres lancés plus tôt que prévu.
Pour les entrepreneurs généraux et les estimateurs, la lecture du PQI 2026-2036 est un exercice stratégique. Le document détaille les étapes de chaque projet — à l'étude, en planification ou en réalisation — ce qui permet d'anticiper la fenêtre de publication des avis au SEAO. Plusieurs dossiers régionaux, dont l'agrandissement de l'hôpital d'Amos et certains blocs opératoires, demeurent toutefois à l'étape de la planification, ce qui signifie que les appels d'offres correspondants ne seront pas publiés à court terme. À l'inverse, le maintien d'actifs (toitures, enveloppes, systèmes mécaniques, asphaltage) bénéficie d'un volume récurrent et prévisible de contrats accessibles aux PME.
Sur le terrain, les équipes d'estimation auraient avantage à surveiller dès maintenant les avis publiés au SEAO (seao.gouv.qc.ca) en lien avec les secteurs prioritaires identifiés par Québec, à valider la capacité à exécuter dans un marché où la concurrence pour la main-d'œuvre demeure forte, et à se positionner sur les lots de pérennité qui constitueront l'essentiel du flux contractuel. La Fédération des chambres de commerce du Québec a salué la bonification du PQI, tout en rappelant que la capacité d'exécution de l'industrie demeure le véritable enjeu des prochaines années.
Ce que ça change concrètement
Les entrepreneurs et estimateurs peuvent planifier dès maintenant leur carnet de commandes 2026-2031 en fonction d'une enveloppe record de 167 G$, dont 5,2 G$ devancés, qui se traduira par un flux soutenu d'avis d'appels d'offres au SEAO.
Qui est concerné
