
Le sommeil des travailleurs : levé aux petites heures du matin
En résumé
Article 2 - Le chantier invisibleSelon Statistique Canada, environ 28 % des travailleurs canadiens commencent leur journée de travail avant 7h. Dans le secteur de la construction, cette proportion est significativement plus élevée. À Montréal, les chantiers débutent souvent entre…
Article 2 - Le chantier invisibleSelon Statistique Canada, environ 28 % des travailleurs canadiens commencent leur journée de travail avant 7h. Dans le secteur de la construction, cette proportion est significativement plus élevée. À Montréal, les chantiers débutent souvent entre 6h00 et 7h00, ce qui oblige de nombreux travailleurs à se lever entre 4h30 et 5h30, notamment lorsqu’ils résident à l’extérieur des grands centres.
Ces horaires, imposés par les contraintes logistiques et le rythme du secteur, perturbent le cycle naturel du sommeil. La National Sleep Foundation recommande entre 7 et 9 heures de sommeil par nuit pour un adulte en bonne santé. Pourtant, chez les travailleurs de la construction, les nuits de 5 à 6 heures sont fréquentes, souvent entrecoupées et peu récupératrices.
Une fatigue normale… mais jamais prise au sérieuxCe manque chronique de sommeil est rarement abordé comme un problème en soi. Dans la culture de chantier, la fatigue est normalisée, parfois même valorisée. Il est fréquent d’entendre qu’« on dort quand on sera mort » ou que « c’est comme ça dans le métier ».
Mais les effets sont bien réels. Le NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health) rappelle que travailler plus de 12 heures par jour ou plus de 60 heures par semaine augmente significativement le risque d’accident. Le manque de sommeil agit sur les réflexes, la prise de décision, la patience et la capacité de gérer des situations imprévues.
En 2018, l’INSPQ a également souligné que la fatigue était un facteur aggravant dans plusieurs accidents de travail au Québec, bien qu’elle soit difficile à mesurer directement.
Un impact physique, mental et socialLes conséquences de la privation de sommeil ne se limitent pas à la vigilance. Des études ont démontré un lien direct entre le manque de sommeil et :
une accélération de l’usure physique chez les travailleurs manuels ;
une diminution de la libido, de l’énergie, et de la motivation personnelle.
Ce que ça change concrètement
Parce que lorsqu’un travailleur manque de sommeil depuis des mois — ou des années — ce n’est pas seulement son propre corps qui est en jeu. C’est la sécurité de toute l’équipe.
Qui est concerné
