
Grève du résidentiel : tout ça pour ça ?
En résumé
Voilà maintenant deux mois que la grève dans le secteur résidentiel a pris fin, après avoir paralysé les chantiers durant 15 jours. Les travailleurs de ce secteur reçoivent désormais leurs nouveaux taux de salaire, augmentés de 8 %, comme dans les autres secteurs. Un résultat dir…
Voilà maintenant deux mois que la grève dans le secteur résidentiel a pris fin, après avoir paralysé les chantiers durant 15 jours. Les travailleurs de ce secteur reçoivent désormais leurs nouveaux taux de salaire, augmentés de 8 %, comme dans les autres secteurs. Un résultat directement lié à la mobilisation, rappelons-le, puisque le côté patronal n’offrait que 5 % pour la première année, sans égard aux accords conclus ailleurs.
Bien que le recours à la grève ait permis de dénouer des discussions qui piétinaient à la table de négociation, plusieurs s’interrogent encore sur la pertinence du conflit et sur ses résultats. La question est légitime : les 15 jours de débrayage en auront-ils valu la peine au final ? Dressons un bilan.
Les salaires Grève du résidentielL’enjeu au cœur du conflit était sans contredit les salaires. Non seulement l’écart salarial déjà existant menaçait de s’accroître, mais la partie patronale osait également en faire la cause principale de la hausse du coût de l’habitation.
Pourtant, entre 2021 et 2025, les salaires dans le résidentiel n’ont augmenté que de 8,5 %. Rien à voir avec les hausses exorbitantes des loyers et du prix des maisons sur la même période. La main-d’œuvre est un facteur parmi d’autres dans l’augmentation des coûts de construction, mais est-elle réellement le plus déterminant ?
Certains estiment qu’une hausse salariale insuffisante revenait à demander aux travailleurs de se sacrifier pour limiter la hausse des prix — mais est-ce réaliste dans un contexte où l’inflation touche aussi les travailleurs ? Des entrepreneurs ont d’ailleurs reconnu, dans les derniers jours de la grève, que des salaires inférieurs constituaient un frein pour attirer les travailleurs qualifiés. Ils ont souligné qu’un coût de main-d’œuvre plus bas pouvait au final revenir plus cher si les travaux avançaient plus lentement ou nécessitaient davantage de corrections.
Au terme du conflit, les travailleurs ont obtenu la même hausse de 8 % que dans les autres secteurs pour la première année de convention. La décision de l’arbitre cet automne fixera les années suivantes. Reste à voir si les hausses seront uniformisées pour l’ensemble des détenteurs des mêmes cartes de compétence.
Dans ce scénario, un travailleur présent sur les lignes de piquetage, recevant 100 $ par jour du fonds de grève, ressort malgré tout gagnant : environ 8 000 $ de plus sur quatre ans que s’il avait accepté l’offre initiale de 16,5 %, et ce, malgré les jours de travail perdus.
Cependant, le résidentiel léger demeure en retard. Plus l’écart se creuse, plus il devient difficile à combler. Un comité a d’ailleurs été mis en place pour se pencher sur cette question d’ici la prochaine ronde de négociations.
Ce que ça change concrètement
Alors, tout ça pour ça ? Ou bien fallait-il passer par là pour éviter que le retard ne s’aggrave encore davantage ?
Qui est concerné
